jeudi 29 avril 2010

Cachez ces gendarmes que je ne saurais voir

Ce matin, Xavier Argenton (Nouveau Centre), maire de Parthenay a eu les honneurs de France Inter.
Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu’il a refusé qu’une élève du collège de la Couldre (Deux-Sèvres), lise une lettre écrite par Ida Grinspan, ancienne déportée dans le cadre de la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation.

Pourquoi un tel refus ? Parce que ce témoignage a heurté un adjoint, Michel Birault, ancien gendarme. Ida Grinspan y évoque son arrestation par trois gendarmes alors qu'elle avait 14 ans. Cet adjoint a présenté le texte au maire qui a refusé sa lecture. " Pour ne pas  stigmatiser une catégorie professionnelle qui, dans ces temps troubles, avait obéi aux ordres de l'autorité légitime", Ce texte "n'est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue".

Mme Lanzi, professeur d’histoire du collège et également conseillère régionale socialiste, a indiqué au Courrier de l’Ouest "Mes élèves ne participeront plus au devoir de mémoire et aux cérémonies commémoratives. Je renonce à souscrire à ce que j'appelle une forme de censure. Mon objectif n'était pas de blesser, mais de dire l'histoire. Je suis attachée au devoir de mémoire et au souci de vérité",

Pour Ida Grinspan, "C'est terrible, cette mentalité-là". "Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis chaque fois que j'interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été".

Voici le texte interdit, spécialement écrit par cette ancienne déportée pour le 25 avril 2010.

"J’ai été, par précaution, envoyée dans les Deux Sèvres alors que j’avais 10 ans, par mes parents inquiets et soucieux que je grandisse loin de la capitale.

Je suis donc arrivée dans une famille, chez ma nourrice Alice et son mari Paul et auprès de Madame Picard, ma maîtresse d’école à qui je dois ce que je sais ; je pars non pas pour me cacher mais me réfugier ! J’ai été très bien accueillie et je suis allée à l’école communale, j’ai passé mon certificat d’étude : j’étais heureuse, même si je m’inquiétais pour mes parents restés à Paris ; maman malheureusement a fait partie de la rafle du Vel' D’Hiv en juillet 42 ; je vivais sans racisme, sans anti sémitisme de la part des voisins, de mes amies de classe et des habitants du village ! J’étais la petite juive, voilà tout.

Une armée victorieuse, mais en passe d’être vaincue, et qui ne trouve rien de plus urgent que d’intimer l’ordre à se vaincus d’aller dénicher une petite juive des Deux Sèvres pour l’expédier dans l’enfer D’Auschwitz ! La patrie des Arts menant une guerre à mort contre une enfant parmi des milliers d’autres pour le seul crime d’être née !...

J’ai été arrêtée le 31 janvier 1944 par 3 gendarmes, l’inhumanité même, de ces 3 hommes, le chiffre 3 , chiffre impair qui montre bien la détermination d'être solidaires de ne pas se laisser influencer face à la jeunesse, face aux suppliques de ma nourrice, des demandes insistantes du maire de la commune pour ne pas m’emmener moi, si jeune, si innocente, qui avait la malchance d’être née juive! Alors que les armées alliées sont en train de délivrer l’Europe des allemands, 3 gendarmes français, ont obéi aux ordres de m’emmener à Niort pour connaître le pire : d’abord le camp de Drancy, puis l’enfer d’un voyage de 3 jours dans un wagon à bestiaux, plombé, avec des hommes, des femmes et des enfants pour arriver aux camps de la mort : c’était ça La Déportation. C’était un voyage terrible, où l’on devait apprendre à vivre ensembles, à faire ses besoins dans une tinette qui a débordée au bout de quelques jours, de vivre dans la saleté, le manque d’air !

On se disait que le pire était derrière nous mais il était devant nous : quand le wagon s’est ouvert un comité d’accueil allemand avec chiens et hurlements nous attendaient pour la sélection. Je me souviendrai toute ma vie de ces hommes et femmes, enfants, vieillards qui sont partis dans des camions, pour les chambres à gaz ; moi, j’ai eu la chance si l’on peut dire, d’entrer dans le camp pour y travailler avec tout ce que l’on sait de la vie quotidienne dans les camps : nous étions des numéros, et non des êtres humains ; la déportation c’est aussi un programme de déshumanisation organisée par le régime nazi.

La barbarie s'était glissée, cette nuit d’hiver, dans un hameau que tout destinait au sommeil heureux des lieux oubliés par l’Histoire ; Oui j’ai donc connu jusqu’à mes 14 ans une vie loin des fracas de la guerre, des privations de nourriture, des rafles, de l’ostracisme du gouvernement de Vichy et derrière tout cela le totalitarisme nazi organisait l’éradication du peuple juif."


Vous pouvez mieux connaître cet épisode de la vie d’Ida Grisnpan en lisant le livre "J’ai pas pleuré" écrit avec Bertrand Poirot-Delpech

ou en écoutant son témoignage recueilli en 2004 par le mémorial de la Shoah et la mairie de Paris

Liberté, Egalité, Fraternité ?

Dans le journal des lecteurs du Marianne du 17 au 23 avril 2010, Sophie Nouzhani,, une lectrice de Besançon livre se demande avec raison si le temps n’est pas venu de repartir à l’assaut de la Bastille ?

Notre République va mal : la fraternité qu'elle prône s'est revêtue des habits de l'indifférence. Et l'égalité ne profite qu'à certains...
La devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » ressemble de plus en plus à un rendez-vous manqué. Certes, le l discours continue de séduire, mais que d'injustices cachées derrière les mots.
Quelle est la liberté d'un chômeur en fin de droits, d'une famille confrontée aux chocs du chômage, de la précarité, de l'endettement ?
Où est l'égalité dans une société qui se reproduit à l'identique, de ceux qui quittent l'école sans diplôme, sans formation ?
Où est la fraternité à l'égard de ceux à qui on refuse un emploi, un logement, en raison de leur origine sociale ou culturelle ?
Quand la fraternité revêt les habits de l'indifférence, c'est la République qui va mal.
Quand, en période de crise, la solidarité devrait s'exercer en faveur des plus fragiles, des plus faibles, ce sont les riches et les puissants qui sont les plus protégés.
Il y eut l'augmentation de différents forfaits, le non-remboursement de certains médicaments, et aujourd'hui le prix du gaz plus élevé de 10 % va réduire encore le pouvoir d'achat des plus pauvres
Dans le même temps, le bouclier fiscal, symbole suprême de l'injustice fiscale en France, protège les plus riches.

Dans la France des droits de l'homme, de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, il y a encore beaucoup de Bastille à prendre !

Femme de 70 ans recherche travail

Jeudi 29 avril, dans Envoyé Spécial, sur France 2, à 20 h 35, un reportage d’Alexandra Deniau et Bruno Girodon qui ont enquêté sur les retraités américains désemparés par la perte de près de 2 000 milliards de dollars par les fonds de pensions.
A partir de 65 ans et au-delà, des hommes et des femmes sont obligés de retrouver du travail, de repartir à zéro pour assurer leurs vieux jours…Une expérience d’autant plus éprouvante que cette crise pousse certains d’entre eux jusque dans la rue et une débâcle des retraites par capitalisation qui doit nous inciter à défendre avec virulence notre système par répartition

mercredi 28 avril 2010

Forum social en PACA à La Seyne du 7 au 9 mai 2010

Organisé par ATTAC Var en partenariat avec d'autres associations ou syndicats, ce forum Travailler dans l’Europe à 27 Présent et Avenir a pour but
* d'informer, sensibiliser les citoyens et les salariés syndiqués ou non, des secteurs privés et publics, sur les grandes tendances d’évolution du droit du travail et des conditions de travail dans l’Europe des 27.

* d'ouvrir des pistes de réflexion et d’action pour renforcer les organisations de défense des salariés contre les jurisprudences et situations de fait imposées par le modèle néolibéral dominant.

* d'esquisser les contours d’un modèle social européen.

Un syndicaliste polonais, un député européen, une sociologue allemande, un économiste belge, un inspecteur du travail,… viendront nous aider à réfléchir et à animer les débats .

4 thématiques ont été retenues :

* L’évolution du droit du travail dans les secteurs agricole, industriel et de service

* L’évolution des protections sociales

* L’euro-syndicalisme

* La refondation de l’entreprise et la défense des services publics

Les manifestations du vendredi 7 et du dimanche 9 mai sont gratuites.Pour participer à la journée du samedi 8 mai, dépêchez–vous de vous inscrire car il ne reste que quelques places.

mardi 27 avril 2010

Les origines du 1 Mai et de la vente du muguet.

La LDH de La Seyne sera présente, à Toulon, dans le défilé du 1 mai qui partira à 10 h de la place de la Liberté sur la place. Mais pourquoi cette date a été retenue et pourquoi offrir du muguet ce jour là, même en dehors de l'enceinte du Stade Mayol?


Histoire
1er mai 1886.
Ce samedi à Chicago, un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures permet à environ 200.000 travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.
Le 3 mai, la répression d’une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Le lendemain, une marche de protestation a lieu et dans la soirée, une bombe explose devant les forces de l'ordre faisant une dizaine de morts dont 7 policiers. S'en suivra la condamnation à mort de cinq anarchistes.
En 1889, le congrès de la IIe Internationale socialiste se réunit au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française. Sur proposition de Raymond Lavigne, il adopte le premier mai comme jour de revendication des travailleurs, l'American Federation of Labor ayant déjà retenu ce jour.
Le 1er mai 1891, à Fourmies, la troupe tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. C'est la première utilisation du fusil Lebel..
Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.
Le 24 avril 1941, pour rallier les ouvriers au régime de Vichy, le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé.
En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail.
Aujourd'hui, la Fête du Travail est commémorée par un jour chômé dans la plupart des pays d'Europe à l'exception notamment de la Suisse et des Pays-Bas. Au Royaume-Uni, c'est le premier lundi de mai qui est férié.

Le muguet
En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai défilent en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.
Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine, symbole de la foi en la Révolution (d'où le surnom donné aux socialistes vers 1900 : les églantinards).
En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge

Libertés, droits: il y a vraiment urgence

 Communiqué
La LDH appelle à participer aux manifestations du 1er mai aux côtés des organisations syndicales.

Il y a trois ans, la LDH n’était pas de ceux qui voyaient dans le triomphe de Nicolas Sarkozy l’annonce d’une nouvelle ère de prospérité pour tous. La rupture ne pouvait être qu’un slogan de campagne propre à mobiliser son propre camp : réussite personnelle, insécurité zéro, travail libéré, éradication de la délinquance, bouclier fiscal, chasse aux clandestins de toutes les normes… Le tableau était tracé. Une posture martiale aux accents de réussite individuelle semblait avoir forgé un héraut.
Trois ans après, la réalité apparaît dans tous ses éclats : c’est une contre-réforme qui se met en place. En prétendant libérer l’initiative individuelle de tous, Nicolas Sarkozy restera celui qui a permis un transfert de richesses massif vers les plus riches. Aujourd’hui, les plus pauvres sont encore plus pauvres et les plus riches sont encore plus riches. Tout l’arsenal est mis en œuvre : déréglementation du travail, démultiplication des moyens des opérateurs sur les marchés financiers, limitation de la protection sociale, réduction des services publics… Oui, pour les droits, il y a urgence ! En affirmant assurer la sécurité de tous, c’est la mise en cause de toutes les libertés qui s’est développée, l’augmentation fantastique des gardes à vue, l’aggravation systématique des peines, le recours de plus en plus large à l’emprisonnement, la diminution organisée de tous les pouvoirs indépendants de contrôle… Oui, pour les libertés, il y a urgence ! Et pour demain se profilent une révision générale des retraites qui va aggraver les inégalités, une énième réforme des lois sur le séjour des étrangers qui va criminaliser un peu plus les migrants eux-mêmes et les militants qui les soutiennent, et une réforme des procédures pénales qui se gardera bien d’assurer l’indépendance de la justice… Mais c’est la crise, dit-on… Comme si tout le monde en supportait la même part ! C’est oublier que si elle est systémique, la vulnérabilité est différentielle, et que ce sont les plus fragiles qui en paient le prix le plus lourd, au péril de leur travail, de leur famille, de leur vie parfois. Oui ! Pour maintenir les libertés : oui ! Pour lutter contre les inégalités, c’est l’urgence !

En ce 1er mai 2010, la LDH, ses militantes et ses militants, ses sections manifesteront aux côtés des organisations syndicales qui ont décidé de cette action commune : CGT, CFDT, FSU, Unsa et Union syndicale Solidaires. A cette occasion, la LDH rappelle qu’elle lance un appel public aux citoyens : le moment est venu de tracer entre nous, entre toutes les forces associatives, syndicales, politiques, un « pacte d’initiative » contre les régressions politiques et sociales. Un pacte qui montrera que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. Un pacte qui définira le socle des droits fondamentaux, indivisibles, inaliénables et universels. Un pacte qui affirmera que le temps est venu de dépasser les batailles éphémères et ponctuelles pour (re)construire une société de solidarité.

Paris, le 26 avril 2010.

dimanche 25 avril 2010

"Ces milliers d'immigrés du Maroc qui enrichissent l'identité nationale"

L'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati, première Française d'origine maghrébine à avoir été nommée à la tête d'un ministère régalien, a été décorée des insignes de Grand officier du Wissam Al Alaoui par l'ambassadeur du Maroc qui a rappelé sa "trajectoire exemplaire" et a vu en elle "un exemple" pour les jeunes de l'immigration.

A cette occasion elle a rendu " hommage à ces milliers d'immigrés du Maroc qui enrichissent jour après jour l'identité nationale de nos deux pays".

Dommage qu’Eric Besson n’ait pas été invité à cette manifestation.
Source:  Jeune Afrique

Le juge Baltasar Garzon inculpé!

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Madrid, à Barcelone et dans d'autres villes du pays pour soutenir le juge Baltasar Garzon.
Le magistrat, célèbre pour avoir arrêter l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, est poursuivi  pour ne pas avoir respecté la loi d'amnistie générale votée en 1977 couvrant les atrocités de la guerre civile espagnole et les premières années du franquisme.
Le juge a été inculpé d'abus de pouvoir  pour avoir enquêté pendant plusieurs mois à partir de l'été 2008 sur la disparition et l'exécution de plusieurs dizaines de milliers de personnes durant la guerre civile (1936-39) et les premières années de la dictature franquiste (1939-1975). S'il est reconnu coupable, il risque une suspension de 10 à 20 ans, ce qui pourrait signifier la fin de sa carrière.
Une modeste contre-manifestation de la Phalange Espanola, le parti fasciste qui avait soutenu la dictature franquiste n’a réuni qu’une dizaine de personnes.

Une photo populaire grâce à la ministre de la Justice

Une photographie, primée dans la catégorie « politiquement incorrect » lors d’un concours photographique organisé par la Fnac de Nice le 6 mars 2010 et publiée dans le quotidien gratuit « Métro » le 19 mars 2010 a été jugée « outrageante » et « intolérable », plus d’un mois après sa parution, par la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie qui étudie les moyens de poursuites juridiques et de sanctions à l’égard de ce type de représentation.

Dans un communiqué, l’Observatoire de la liberté de création dont la LDH est membre rappelle à la ministre de la Justice que la Constitution protège le principe de la liberté d’expression : les œuvres de l’esprit sont exclues du champ d’application de l’article qui sanctionne le délit d’outrage au drapeau.

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création
La Fnac, qui se promeut comme agitateur de curiosité, a publié la photographie d’un jeune Niçois désignée comme coup de cœur dans la catégorie « politiquement incorrecte » lors d’un concours organisé par elle à Nice en mars. Pour la censurer le lendemain, en « accord avec l’auteur ». De quoi s’agit-il ? D’un homme de dos qui se frotte le postérieur avec un drapeau de la République.

L’Observatoire de la liberté de création tient à dénoncer cette censure, mais il tient à féliciter la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, pour la notoriété que son agitation procure au cliché en question. En revanche, l’Observatoire de la liberté de création s’inquiète des connaissances juridiques de la ministre.

En effet, alors que le délit de l’article 433-5-1 du Code pénal ne vise l’outrage au drapeau qu’au cours d’une manifestation organisée ou règlementée par les autorités publiques, il est manifestement inapplicable à un concours organisé par la Fnac. Pourtant, la ministre n’a pas hésité à demander une enquête pénale, tout en reconnaissant par la voix de son porte-parole que, peut-être, la loi ne s’appliquait pas.

Ce peut-être est même certain puisque le Conseil constitutionnel a, dans sa décision du 13 mars 2003, imposé une réserve d’interprétation à cet article qui est tout à fait claire : sont exclus du champ d’application de l’article critiqué les œuvres de l’esprit, les propos tenus dans un cercle privé, ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organisées par les autorités publiques ou non réglementés par elles.

La ministre fait savoir depuis hier, puisque le parquet de Nice lui a répondu qu’il avait, en bonne logique juridique, classé sans suite cette « affaire » il y a un mois déjà, qu’elle réfléchissait à la création par décret d’une contravention de cinquième classe sanctionnant de tels agissements. Voilà une copie qui vaudrait à un étudiant en droit un zéro pointé.

L’Observatoire de la liberté de création rappelle à la ministre que la loi pénale ne peut avoir d’effet rétroactif, d’une part, et que la voie réglementaire se doit, tout autant que la loi, de respecter la Constitution, laquelle protège le principe de la liberté d’expression. L’Observatoire de la liberté de création invite la ministre à lire attentivement la décision du Conseil constitutionnel, qui invalide par avance toute tentative de sa part de soumettre les œuvres de l’esprit à un tel interdit.

Paris, le 23 avril 2010

Signataires
Acid, Association du cinéma indépendant pour sa diffusion
Cipac, Fédération des professionnels de l’art contemporain
Fraap, Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens
Groupe 25 images
Ligue des droits de l’Homme
SFA, Syndicat français des artistes interprètes
SRF, Société des réalisateurs de films
UGS, Union Guilde des scénaristes

samedi 24 avril 2010

Manifestations à l'appel de l'Organisation des Droits de l'Homme turque

Pour la première fois, des Turcs ont commémoré les massacres d'Arméniens de 1915-17, lors de plusieurs rassemblements samedi à Istanbul brisant un tabou dans un pays qui récuse la thèse d'un génocide défendue par les Arméniens.

Le matin, à l'appel de l'Organisation des droits de l'homme (IHD) et sous le slogan "Plus jamais ça", une centaine de personnes a commémoré la rafle de 220 intellectuels arméniens, le 24 avril 1915, point de départ des massacres.

Une autre manifestation plus importante a eu lieu Place Taksim, en plein centre ville, où plusieurs centaines de personnes sont restées de longues minutes assises à même le sol, des oeillets rouges et des bougies à la main, avant d'écouter des enregistrements de musique arménienne.

Pour une information plus complète, lire r l'article du Courrier International

La LDH et le préfet pour le respect de la loi du 5 juillet 2000

Depuis des années, la Ligue des Droits de l'Homme demande une application effective  de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, obligeant les communes de plus de 5 000 habitants à réaliser des aires à leur intention assortie d'incitations financières conséquentes. Elle réclame que les mesures discriminatoires spécifiques les concernant (contrôle des titres de circulation, rattachement administratif, inscription sur les listes électorales…) soient abrogées. Enfin, elle est favorable à une meilleure concertation et à un meilleur dialogue entre les gens du voyage et les collectivités locales.

Un article paru dans Var Matin Hugues fait état d’une mise au point dans le même sens effectuée par le préfet du Var Vendredi 23 avril.
«Hugues Parant, préfet du Var, qui a réuni hier plus d'une trentaine de maires varois (ou leurs représentants) pour « une séance d'information » en matière d'accueil des gens du voyage. Le représentant de l'État ne veut plus voir d'édiles jouer les vierges effarouchées quand un cortège de caravanes s'installe sur leur commune. Dans l'actualité de ces derniers mois, il a en effet pu arriver qu'un maire s'en remette à l'État, en réclamant haut et fort l'emploi des forces de l'ordre pour faire partir des familles d'évangélistes occupant le domaine public.
Le préfet s'est donc livré hier à une « mise au point » qui, promis juré, n'avait rien d'un remontage de bretelles.

Seulement quatre aires d'accueil
Il a tenu à placer les collectivités face à leurs responsabilités, en rappelant le retard pris vis-à-vis d'une loi de 2000 qui leur impose de participer à l'accueil des gens du voyage. Au moins dix-sept aires devaient être créées dans le département, selon un plan adopté en 2003. Aujourd'hui, il en existe seulement quatre, à Brignoles, La Farlède, Le Luc et Puget-sur-Argens. L'agglomération de Toulon (douze communes) devrait concrétiser sa contribution l'année prochaine.
Dans tous les cas, Hugues Parant a « fortement conseillé » aux communes de faire preuve de pragmatisme et de dialogue à l'égard des arrivants. »

Nous espérons que les maires seront attentifs aux « conseils appuyés » du représentant de l’état et qu’elles vont enfin se mettre en conformité avec la loi. Un minimum pour des élus chargés de l’ordre public.

vendredi 23 avril 2010

Comment décongestionner les prisons?

Pour vider les prisons, les gouverneurs du Nigéria ont trouvé une solution "originale" et radicale  qui conforte la position de ceux qui veulent l'abolition de la peine de mort.

L'organisation Amnesty Internationale s'est dite jeudi "choquée" que les gouverneurs du Nigeria puissent exécuter des prisonniers condamnés à la peine capitale pour décongestionner les prisons et les appelle plutôt à régler les problèmes de la justice.
"Il y a eu accord (pour) que les personnes qui ont été condamnées soient exécutées en conséquence", déclarait mardi à Abuja le gouverneur d'Abia, Theodore Orji, après une réunion avec ses pairs où l'engorgement des prisons avait été examiné.
"Il est choquant de suggérer qu'exécuter des prisonniers est un moyen de régler ce problème", déclare l'ONG dans un communiqué reçu par l'AFP.

Le porte-parole des services pénitentiaires, Kayode Odeyemi, indiquait mercredi à l'AFP qu'"il y avait un total de 40.106 prisonniers au Nigeria, dont 330 dans l'attente d'une exécution capitale". Selon lui, 36.000 détenus attendent d'être jugés. Mais Amnesty estime que ce sont 30.000 sur 46.00O détenus qui attendent d'être jugés et 870 qui sont dans les couloirs de la mort.Selon un chercheur d'Amnesty sur le Nigeria, Aster van Kregten, "plus de trois sur cinq prisonniers au Nigeria n'ont été condamnés pour aucun délit; au lieu de cela, ils attendent leur procès pendant des années dans des conditions épouvantables", parfois jusqu'à dix ans.

De plus, l'organisation indique que nombre de condamnés à mort "peuvent être innocents car le système judiciaire nigérian est truffé d'imperfections. Beaucoup ont été condamnés à mort après des procès franchement injustes".Deux groupes d'experts créés par l'ancien président Olusegun Obasanjo en 2004 et en 2007 "ont recommandé un moratoire des exécutions parce que la justice criminelle ne peut pas garantir un procès équitable", rappelle l'organisation.

Elle souligne enfin que toute "démarche entreprise par le gouvernement nigérian, au niveau de l'Etat ou fédéral, de reprendre les exécutions serait contraire aux engagements pris par le Nigeria au niveau international".

Taron doit pouvoir étudier à Marseille

RESF signale le cas de cet élève qui risque d'être expulsé.

L’élève Taron Hovhannissyan est scolarisé au Lycée Saint-Charles (en classe de 1ES2, section franco-allemande AbiBac) mais sans papiers. Sa famille a subi des persécutions et des violences très graves en Arménie. Partie d’Arménie il y a 10 ans, la famille s’est réfugiée à Marseille en 2006. Son père et son frère aîné ont trouvé un travail.
Pour l'instant l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) refuse d'accorder un statut à cette famille.

Très motivé, Taron Hovhannissyan est un élève très sérieux qui obtient d’excellents résultats.Les professeurs et les élèves du Lycée Saint-Charles demandent qu’en aucun cas Taron ne soit obligé de quitter le territoire français et qu’il puisse poursuivre ses études.

Vous pouvez signer la pétition

Vendredi 23 avril 2010: Débat autour de la censure, l'autocensure et la liberté d'expression à La Seyne

Cette soirée d'information et de débat, organisée par la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti dans le cadre du Prix Tartuffe décerné chaque année par L'Observatoire de la Censure aura lieu le vendredi 23 avril 2010, à 19h, aux Chantiers de la Lune (La Seyne-sur-Mer).

Depuis 2004, L'Observatoire de la censure enregistre des informations sur la censure, l'autocensure et la liberté d'expression. Depuis 2006, elles sont disponibles et consultables, mises en ligne sur Internet, sous la forme d'un journal.
L'archivage de cette actualité foisonnante concerne de nombreux domaines: le livre, le cinéma, la photographie, la peinture, la musique, l'architecture, la presse, la télévision... À la lecture de cette recension, on peut observer, d'année en année, l'évolution de la liberté d'expression et de la jurisprudence, en France et dans le monde.
Chaque année, L'Observatoire de la censure décerne le Prix Tartuffe à un artiste ou écrivain victime de la censure ou à un livre qui défend la liberté d'expression. Les Moustaches Brothers, acteurs et résistants par le rire de Mandalay (Birmanie) ont succédé en 2009 à Emmanuel Pierrat, Bernard Joubert, Christian Salmon, Kurpreet Kaur Bhatti, la compagnie Cacahuète.
Comme les années précédentes, L'Observatoire de la censure organise une journée d'information, occasion de revenir sur des évènements (affaires Dieudonné, Orelsan, NDiaye, "L'insurrection qui vient", la fresque des expulsés de Billère, la Demeure du Chaos, la pipe de Tati...) ou thèmes (délit d'outrage, devoir de réserve, droit au blasphème, censure économique, cybercensure...) qui ont marqué l'année 2009.

Au cours de la soirée sera exposé un choix de livres sur la liberté d'expression, l'éthique, l'art, le sexe, la religion... ainsi que des livres qui ont été interdits, auto-censurés ou poursuivis en justice.
Pour consulter le journal de l'année 2009:

Georges Perpes

jeudi 22 avril 2010

Sous surveillance, une BD de la LDH à feuilleter sur le blog

Avec nos portables, blogs, e-mails, réseaux sociaux, cartes de transport... nos faits et gestes, nos déplacements, nos relations peuvent être tracés. Par qui et comment vos traces peuvent-elles être utilisées ? Vos données personnelles sont-elles protégées ?

Autour des aventures de Daniel, héros de la BD “SOUS SURVEILLANCE”, la Ligue des Droits de l'Homme vous invite à en savoir plus en cliquant ici pour feuilleter cette publication
 

mardi 20 avril 2010

Et si le volcan Eyjafjallajokull nous faisait découvrir les circuits courts?

Grâce à l’éruption de ce volcan islandais au nom imprononçable, nous découvrons que des produits de consommation courante viennent des quatre coins du monde et sont tributaires du transport aérien.

Des exemples parmi tant d‘autres ?

1) Les annulations de vol affectent l’horticulture kényane : dix millions de fleurs principalement des roses ont dû être jetées et 5000 journaliers sont au chômage technique.

2) Des cargaisons de homards valant plusieurs centaines de dollars et des marchandises d'une valeur de plusieurs millions de dollars. ne peuvent plus partir du Canada et pas prendre le chemin de l'Europe en raison du nuage de cendres craché par un volcan islandais.

Pour éviter tous ces produits dont l’essentiel du prix vient du coût du transport, pourquoi ne pas favoriser quand cela est possible, le commerce de proximité et promouvoir les circuits de vente courts ?

"Même les cendres des volcans sont contre Eric Besson"

Si l’on s’en tient aux chiffres des expulsions de l ‘an dernier, près de 500 personnes ont pu rester en France depuis vendredi car comme le faisait justement remarquer Stéphane Guillon, dans son billet d’humeur de ce matin à 7 h 55:

" A toutes choses, malheur est bon. Il y a quand même une bonne nouvelle dans tout ce marasme : depuis 5 jours, grâce à quelques cendres flottant dans l’atmosphère aucun avion de sans papier aucun avion n’a pu décoller de Roissy vers l’Afrique ou de Roissy vers les Balkans.
Si même les volcans s’y mettent pour emmerder Eric Besson, c’est qu’il y a encore de l’espoir "


dimanche 18 avril 2010

Les pirogues du désespoir

Depuis sa création il y a 32 ans, Cinéma du Réel s’est imposé comme le festival de référence du cinéma documentaire en France, à l’écoute de la diversité des écritures, des formes et des idées. En 2008, Barça ou Barzakh (Barcelone ou la mort), le premier film d'Idrissa Guiro qui raconte l’immigration des jeunes sénégalais vers les Canaries, a reçu le prix Louis Marcorelles du ministère des Affaires étrangères.

Des milliers de Sénégalais risquent leur vie pour émigrer en Europe. Depuis janvier 2006, plus de 25 000 clandestins ont rejoint les îles espagnoles des Canaries en partant des côtes sénégalaises et mauritaniennes. 3 000 y ont laissé leur vie. Les mouvements de populations et les rapports Nord/Sud vont être au cœur d’enjeux planétaires cruciaux au 21ème siècle. Sans véritable connaissance des réalités locales, cette gestion des flux migratoires sera à long terme un échec pour le nord comme pour le sud. Il s’agit dans ce film documentaire, de s’intéresser avant tout à la jeunesse pour essayer de comprendre comment l’émigration est vécue depuis les pays du sud et quel rôle tient ce phénomène dans la construction du projet d’avenir de cette nouvelle génération ?

Dans cet entretien, Idrissa Guiro explique mieux que pourrait le faire un long article les raisons qui poussent depuis 20 ans des jeunes au risque de leur vie à venir travailler clandestinement en Europe.

" Dans le meilleur des cas, la traversée - 1 400 kilomètres au cœur de l’Atlantique - dure cinq jours et cinq nuits à braver la tempête, à une centaine sur une pirogue de 12 mètres. Dans le pire des cas, c’est la mort. A Thiaroye, tout le monde connaît les risques. Pourtant, les candidats sont toujours plus nombreux et les jeunes.....

vendredi 16 avril 2010

Enfin, un Besson qui me plait

La LDH est rarement, pour ne pas dire jamais, d’accord avec ce que dit et fait Besson. Pourtant, la réponse de Luc Besson nous ravit.

Interrogé par un journaliste du "Journal du Dimanche " qui lui demandait "Etes-vous le cousin du ministre d'Eric Besson "le réalisateur a répondu  « Non, pas du tout. Je crois d’ailleurs que je vais changer de nom, me faire appeler Rachid Besson »

Je ne sais pas ce que si son dernier film « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec » est un chef d'oeuvre,  mais je crois qu’au moins par gratitude pour ce petit moment de plaisir je vais aller le voir au cinéma.

mercredi 14 avril 2010

"Hommes et liberté" avec un dossier sur "Quelle justice pénale" est paru

La revue trimestrielle Hommes & Libertés alimente, en une soixantaine de pages, le débat citoyen sur les grands thèmes d'actualité qui ont des implications politiques et sociales pour les droits de l'Homme. Hommes & Libertés reflète les exigences de notre époque en matière de droits des citoyens et donne la parole au mouvement civique et associatif.
Parce que s'informer sur les droits de l'Homme, c'est commencer à les défendre.
Parxe que Hommes et Liberté est une revue de qualité, abonnez-vous.

Le numéro 149 (janvier-février-mars 2010) est paru ! Il  contient un dosssier indispensable.
"Quelle justice pénale ? »

SOMMAIRE
Libres parlers
Hommage
NicoleDreyfus, l'amie, la combattante
Editorial
Demander justice
Actualité
Identité nationale : Et le débat cessa, faute de débattants...
Travailleurs sans papiers : "Plutôt 'gréver' que céder !"
La LDH à la rencontre des citoyens nantais
La mise à mal du droit d'asile
International
Caraïbes : de quoi Haïti est le nom ?
Génocide rwandais : le retard des procédures judiciaires françaises
Uruguay : les jeunes mémoires de la dictature
Dossier "Quelle justice pénale ?"
La justice qui punit
Le champ des réformes
La justice pénale aux prises avec le néolibéralisme
Une société en demande de "responsables"
La dangerosité, notion à manier avec précaution
La justice et le temps
Une crise parmi les autres
Agir
Notes de lecture

Vous pouvez acheter un numéro ou vous abonner :
- en ligne sur www.ldh-france.org,
- en écrivant à hommes.libertes@ldh-france.org,
- directement à la boutique, au siège de la LDH (7 euros le numéro).

Hommes & Libertés.  Ligue des droits de l'Homme
138 rue Marcadet 75018 Paris. Tél. 01 56 55 51 00

mardi 13 avril 2010

Après le bouclier fiscal, le bouclier judiciaire?

Lors de la conférence de presse donnée par Jean Pierre Dubois à l’occasion de la sortie de son rapport annuel, La justice bafouée, L’état des droits de l’homme en France. Édition 2010 la ligue des droits de l’homme dresse un tableau inquiétant de la justice en France qui selon que vous soyez puissants ou misérables, ….. Après le bouclier fiscal, met-on en place un bouclier judiciaire ?

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) dresse le portrait d'une justice "bafouée", "dure aux faibles" mais "paralysée face aux puissants" dans son rapport annuel 2010, qualifié de "succession de lieux communs et contre-vérités" par la Chancellerie.
"La situation de la justice en France est dramatique, face à la crise sociale, le pouvoir politique trouve des dérivatifs dans le sécuritaire et pour cela, on utilise la justice", a déclaré le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, lors d'une conférence de presse.

Fondée en 1898, à l'occasion de l'affaire Dreyfus, la LDH dépeint dans cet état des lieux publié aux éditions La Découverte une justice "manquant cruellement de moyens", "trop lente ou trop expéditive", "de plus en plus lointaine", "sous contrôle du pouvoir" et "sans cesse plus répressive".

L'organisation de défense des droits de l'Homme s'indigne du fait que la justice ait été en 2009, "plus lourde pour les cibles du pouvoir" et "plus attentionnée" pour les plus favorisés à travers notamment les projets touchant à la dépénalisation du droit des affaires. [.]

Evelyne Sire-Marin, magistrate à Paris, qui a rédigé le chapitre consacré au social dans ce rapport, a estimé que "la justice est très lente pour reconnaître les maladies professionnelles, mais extrêmement rapide quand les salariés occupent leur usine".

Le rapport cite aussi "le considérable alourdissement" des peines de prison ou "l'annonce d'un code pénal des mineurs essentiellement tourné vers le répressif".

La LDH attaque l'"idéologie victimaire" et le "populisme pénal" qui conduisent à une "réponse législative frénétique à chaque fait divers dramatique".

Me Henri Leclerc, autre rédacteur du rapport, a dénoncé "la dictature de l'émotion", qui conduit chaque fois à de nouvelles lois "qui rendent la procédure plus complexe, incompréhensible et parfois incohérente".

Pour Jean-Pierre Dubois, la politique gouvernementale oppose les "bénéficiaires de l'ordre" à de nouvelles "classes dangereuses" qu'il faut "maîtriser" et dont font partie les jeunes, les pauvres, les étrangers, les banlieusards.... "La justice est plus dure dans les banlieues, plus douce avec les délinquants financiers", a-t-il dit.

"Les logiques à l'oeuvre ne relèvent plus du traitement des causes des déchirures mais de la fragmentation sociale, de la stigmatisation, de la surveillance et de la punition", estime-t-il.

La LDH dénonce aussi le doublement du nombre de gardes à vue et la durée des peines : "aucune démocratie ne peut demander à la justice pénale de réduire par toujours plus de sanctions et d'enfermement toutes les fractures qui la traversent".

Source : AFP

La justice bafouée  L’état des droits de l’homme en France. Édition 2010
éd. La Découverte, coll. Sur le vif, avril 2010, 126 pages, 12 €.

Du rap pour les prisonniers et des jeunes des quartiers.

La Ligue des Droits de l’Homme ne peut que se réjouir de l’initiative d’une association comme Fu Jo et d’artistes comme Seyfu qui bénévolement offrent de la culture aux prisonniers et aux jeunes.

Sefyu, un rappeur célèbre, invité par l’association Fu Jo, s’est produit gratuitement à la prison de La Farlède. Le concert du tout récent lauréat d'une Victoire de la musique (catégorie « révélation du public ») a été très apprécié par les détenus.
L’artiste avait toutefois posé une condition à sa venue : pouvoir aussi débattre avec les jeunes des quartiers sur le thème de l'identité nationale. Vendredi soir, au Crep des Lices, Sefyu a «assuré ». avec un discours nettement plus relevé que celui de certains de ses confrères
Racines culturelles, difficulté d'intégration, réactions face au racisme, devoir civique, identité régionale, respect face à la différence, etc. : le chanteur d'origine sénégalaise a passionné un public « multicolore, multiculturel et multi-baskets ». Avant de leur offrir un concert « privé »

Sans jouer les sociologues de service, ni imposer ses convictions, il a suscité davantage de questions dans l'auditoire qu'apporté de réponses tranchées. Mais c'était un peu, finalement, le but de l'opération.


Cette manifestation a pu avoir lieu grâce à la conviction du directeur Mouloud Mansouri de l’association Fu Jo, présidée par Sonia Pique , qui organise des actions culturelles en prison. Les artistes se produisent gratuitement et ne demandent que les frais de voiture, d’hôtel et de repas.
Mouloud est un ancien détenu qui a passé 10 ans derrière les barreaux et il sait que proposer un concert, c’est offrir deux heures de liberté aux prisonniers. Pendant sa détention, il a organisé 6 récitals et à sa sortie, il a créé Fu Jo pour continuer son action.
En 2009, 25 opérations ont été réalisées dans les établissements carcéraux de la région : concerts, mais aussi rencontres, ateliers d'écriture ou de production musicale.

Fu-Jo bénéficie de l'aide des pouvoirs publics mais aussi, surtout, de l'argent récolté par les « Hip-hop Convict ». En somme : un gros concert dehors pour financer un grand concert dedans
Même les pointures historiques finissent par renoncer à leur cachet devant l'argumentaire de Mouloud. « Je leur dis d'être en accord avec eux-mêmes : ce sont tous des mecs qui évoquent l'univers carcéral dans leurs chansons. »

Source: Var-Matin

dimanche 11 avril 2010

"Quand un quartier ne vote pas, il n'existe pas" Fadela Amara

La secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, Fadela Amara a participé à Nice au 3ème forum "Espoirs Banlieues », rassemblement annuel des associations de quartiers.
Elle s’est inquiétée de l'abstention "sans précédent" observée dans les quartiers populaires lors des élections régionales n'incite la classe politique à s'en désintéresser. Amara redoute un oubli des quartiers populaires.
"Il y a eu une abstention sans précédent dans les quartiers populaires, ce qui m'interpelle et m'inquiète. (...) Le risque c'est que les quartiers populaires deviennent l'angle mort du débat public",
"Je vous demande d'accentuer vos démarches en direction d'une action vers la citoyenneté. Quand un quartier ne vote pas, il n'existe pas",
a-t-elle lancé à l'adresse des nombreux responsables associatifs invités.

Cette analyse pourrait facilement être inversée : quand les services publics n’existent plus dans un quartier de banlieue, quand le taux de chômage des jeunes est supérieur à 40%, quand le monde politique refuse d’analyser le message de rejet envoyé par ce taux d’abstention alarmant, le risque c’est que les élu(e)s deviennent l’angle mort des citoyens des banlieues »

La situation dans une ville "abstentionniste"
Claude Dilain, le maire socialiste de Clichy-sous-Bois, la ville de banlieue parisienne où avaient démarré les émeutes en 2005 et qui a connu un taux d’abstention de 71,4%, dénonce "l'absence de volonté politique" pour résoudre les problèmes des banlieues, notamment de désenclavement, et une "logique du ghetto (qui) arrange tout le monde".
"Veut-on simplement que les banlieues soient calmes ou veut-on résorber les ghettos? Je crois que le président (Nicolas Sarkozy) a donné sa réponse: seule la sécurité l'intéresse",
déclare le maire dans une interview au quotidien Le Monde.
Il constate avec inquiétude un repli communautaire de la population de ces quartiers originaire du Maghreb ou du reste de l'Afrique. "La référence au pays d'origine -même pour des habitants qui sont en France depuis deux ou trois générations- n'a jamais été aussi forte", juge-t-il.

La votation citoyenne
Pour lutter contre ce communautarisme, pour que tous les habitants se réapproprient la vie de la Cité, pour que le vote redevienne un moment fort de la démocratie, la LDH préconise la votation citoyenne c’est à dire le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales des étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France.
En France, depuis l'adoption du traité de Maastricht en 1992, les personnes originaires d'un pays de l'union européenne et habitant en France de manière régulière, peuvent voter aux élections locales, ce qui n'est pas le cas des personnes originaires de pays hors Union européenne.

samedi 10 avril 2010

Le malaise dans la presse régionale

Une quinzaine de salariés du quotidien Nice-Matin ont décidé de poser nus, protégés partiellement par leur seul journal. D'après la direction, la crise économique aurait fait perdre 17,5 millions d'euros par rapport à ce qui était attendu du groupe Nice-Matin et celui-ci serait en danger. La vente du siège de Nice-Matin permettrait de renflouer les caisses.
Les salariés, eux, estiment que le journal est bénéficiaire. Et ils estiment avoir déjà payé le prix, avec des départs négociés de plus de 200 salariés en deux ans, un gel des salaires.
Ils expliquent leur position sur leur blog :
"C'est pas qu'on est farouche. Mais quitte à se désaper autant que ce soit pour une bonne cause. Sauver notre entreprise, celle-là elle nous botte. Alors on l'a fait. Pour Nice-Matin, Var-Matin et Corse-Matin. Hersant, lui, peut aller se rhabiller. On est prêts à donner notre chemise après l'avoir mouillée, mais pas pour un actionnaire lointain qui nous a rachetés il y a à peine deux ans, n'a pas investi un sou de plus que sa mise de départ (qui, au passage, sera aussi son bonus de sortie) et veut aujourd'hui que l'on éponge ses dettes. Nous, des dettes, on n'en a pas. Et pourtant c'est la crise. Pire la presse est en berne. C'est sans doute une réalité. Mais pas celle du groupe Nice-Matin. Nos comptes sont à l'équilibre. Grâce à vous qui nous lisez tous les jours. Certes, il a fallu faire des efforts pour cela : départs négociés de plus de 200 salariés en deux ans, gel des salaires pour bon nombre de ceux qui sont restés, gains de productivité... Oui, nous sommes des employés responsables. Nous l'avons démontré. Mais ne nous prenez pas pour des vaches à lait. Ne nous dépossédez pas de nos actifs. Vous croyez pouvoir vendre notre siège historique de la plaine du Var. Ces 16 000 m2 valent combien ? 30 millions d'euros, 40, 50 ? La belle affaire ! Pour vous, pas pour nous. On est contre cette mise aux enchères de notre outil de travail qui rapiécera quelques-uns de vos trous financiers et nous déshabillera, nous Nice-Matin, en cas de nouveau coup de froid économique. Sachez-le M. Hersant, comprenez-le bien vous investisseurs potentiels, on s'opposera par tous moyens légaux à cet effeuillage en règle. On vous dit juste non merci !"

La concentration des titres
Alors que plusieurs titres, ( République, Le Provençal, Le Méridional, Nice Matin, Corse Matin), d’opinions politiques différentes, existaient encore il y a quelques années dans le sud de la France, le groupe Hersant a réussi à contrôler toute l’info de cette région. Seul le journal La Marseillaise propose un autre éclairage de l’actualité locale.
Le Groupe Hersant Média est l'un des leader dans des médias locaux et couvre 85% de la population française. Il emploie près de 8 000 collaborateurs répartis notamment dans 21 titres de presse locale, près de 800 000 exemplaires quotidiens, 280 éditions de presse gratuite ParuVendu, 8 radios et 7 télévisions locales. Depuis 2004, Groupe Hersant Média est le 1er opérateur de télévisions locales .
Dans la région PACA, La Provence emploie 900 personnes et tire à 170 000 exemplaires , le groupe Nice-Matin comprend, avec ses filiales, 1 200 salariés entre le Var, la Corse et les Alpes-Maritimes et selon l'OJD, Nice-Matin diffuse à 107 920 exemplaires, Var-Matin à 72 155 et Corse-Matin à 41 621 exemplaires .

Le Groupe Hersant Médias occupe ausi une place de choix sur Internet:
brignoles.maville.com, cagnes.maville.com, cannes.maville.com, corsematin.com, draguignan.maville.com, frejus-saintrapahael.maville.com, golfedesainttropez.maville.com, grasse.maville.com, hyeres.maville.com, laprovence.com, laprovence-automoto.com, laprovence-bonnesaffaires.com, laprovence-emploi.com, laprovence-immo.com, laprovencemarchespublics.com, laseyne.maville.com, lejournaldesplages.com, menton.maville.com, , monaco.maprincipaute.com, nice.maville.com, nicematin.com, nice-matin.com, nicematin.fr, nice-matin.fr, nicematinmarchespublics.com, paruvendu.fr, toulon.maville.com, trace.fm, varmatin.com.

Un monopole qui ne peut qu'inquiéter la LDH soucieuse d'une pluralité de l'information.

jeudi 8 avril 2010

Les gendarmes s'expriment sur le Net

La grogne des gendarmes s'étale sur internet, où le site "Gendarmes et citoyens" se fait l'écho des soutiens apportés au chef d'escadron Jean-Hugues Matelly, récemment radié par décret présidentiel.

Après la radiation de cet officier pour avoir critiqué le rapprochement entre la police et la gendarmerie sous l'égide du ministre de l'Intérieur, après la suspension d’un autre gendarme pour avoir rédigé un poème de soutien à ce chef d’escadron de la gendarmerie, la grande muette est très bavarde sur le Net.
Sur le site d'analyses et de ressources qu'il anime, le sociologue Laurent Mucchielli estime que l'affaire Matelly "cristallise le malaise de la gendarmerie.
"Même si cet officier (par ailleurs excellemment noté par ses supérieurs) avait déjà reçu un blâme pour une autre publication, la radiation apparaît comme une sanction totalement disproportionnée", écrit-il.
M. Matelly a déposé un référé devant le Conseil d'Etat pour " faire constater l'illégalité flagrante de ce décret et l'atteinte qu'il représente aux libertés fondamentales".

Marseille fête la journée internationale de la culture Rom

Le 8 avril, pour le « Romano Dives » (journée internationale de la culture Rom), les « Rendez-vous du kiosque », en plein cœur de Marseille, accueilleront le festival « Latcho Divano ». Un moment magique où la fête et l’échange autour du monde tzigane auront la part belle !

Le Festival « Latcho Divano », manifestation consacrée à la culture Rom, se pose à Marseille jusqu'au 10 avril 2010.
Durant toute cette semaine festive, les manouches seront à l’honneur au travers d’expositions de photos, de conférences, de concerts, de documentaires, de lectures, de stages de chants et danses tziganes pour rappeler aux visiteurs que cette communauté, souvent méconnue, a le sens de la fête, mais qu’elle peut aussi souffrir de racisme et de discrimination.

Le festival Latcho Divano, s’attache à redonner à ce peuple son identité, rappelant que celui-ci représente le noyau des authentiques communautés européennes.
Pour clôturer ce festival, le 8 avril, le Square Léon Blum, de 11h à 22h, sera transformé en village tzigane. Pour favoriser l’échange, de nombreuses associations telles que la Fondation Abbé Pierre, La Ligue des Droits de L’Homme, Médecins du Monde, le MRAP, Osiris, etc. viendront à votre rencontre pour partager ave vous leurs sentiments et leurs opérations en faveur de la communauté Rom.
Le ton sera à la fête et vous aurez le plaisir de côtoyer les musiciens de Los Flamenco, de découvrir les Arts en Tziganie avec Art-Rom et Artriballes, de vous amuser avec le cirque Puce, de danser sur les airs de la Fanfare Vagabontu, et bien d’autres surprises encore. Et pour couronner le tout, la « Guinguette Itinérante du Grand Cyclopède » vous fera connaître ses talents « rom-culinaires » sur fond de musique d’ailleurs

8 avril: Journée internationale des Roms

C’est le 8 avril 1971, que les Roms(ou Rroms), qui représentent la première minorité de l’Union européenne, choisissaient les symboles de leur communauté ainsi que leur drapeau et leur hymne. Peuple nomade formé de quatre groupes (Les Kalderash, les Curara, les Lovara; les Boyasa), il fait partis de la famille des tziganes, souvent surnommé Romanichel (« peuple de Rrom » en Sinti*).

Petit historique
C’est vers l'an 1000, que les Roms quittèrent l'Inde et l'Egypte dont ils sont originaires pour se rendre en Perse.
Ils atteignirent les Balkans vers le XIVème siècle. Se dispersant à travers l’Europe, ils se christianisèrent au contact de la population chrétienne européenne.
C’est en Europe de l’Ouest, qu’ils connaîtront leur plus grandes vague de migration au XVIème siècle, où certain pays n’hésiteront pas à les déporter dans les colonies africaines et Américaines.
Jusqu’au XXème siècle, les Roms se retrouveront plus ou moins en bon terme avec les Européens.
Mais, dès 1930, ils seront victimes de la politique racial des nazis par l’extermination et le génocide.On dénombre entre 250 000 et 500 000 déportés et tués sur les 700 000 qui vivaient en Europe. Cette période porte pour les Roms le nom de Samudaripen, c’est à dire « meurtre total » en langue Romani.

Les Roms d’aujourd’hui
On estime qu’il y a entre 7 et 9 millions de Roms qui vivent en Europe. Beaucoup de Roms sont victimes de la tziganophobie. Et celle-ci ne peut être combattue que par la reconnaissance de leur histoire, de leur culture, et de leur contribution au patrimoine européen.Par l'ignorance ou par des d’idées reçus, ils sont encore victimes à différents degrés du racisme et de la discrimination.

Un devoir de mémoire
De nos jours, l’ampleur du génocide des Roms n’est pas assez reconnue au près d’un large public, et certain ignore même son existence. Cela est probablement du au fait qu’il aura fallu attendre 1982 pour que l’Allemagne reconnaisse officiellement ses responsabilités et en France seulement 1997, pour qu’un Président de la République y fasse référence, pour la première fois, dans une cérémonie en mémoire des victimes de la déportation.En 2005, lors du 60ème anniversaire de la libération des camps, un hommage solennel a été rendu à toutes les victimes de cette barbarie, dont les Roms.
[*Sinti : Langue issue du mélange entre le Roumain et l’Allemand]


Source: http://www.journee-mondiale.com/

mercredi 7 avril 2010

Après la santé, la presse, l'outre-mer, la bioéthique, l'enfance, la démocratie, voici la sécurité à l'école

Au moment où profs et parents disent leur exaspération devant les coupes sombres dans l'Education Nationale, Luc Chatel pour tenter de désamorcer la contestation croissante met en place des «états généraux de la sécurité à l'école».

Cette "grande réunion" se tiendra à paris , à partir d'aujourd'hui. Même si l'initiative en tant que telle est encourageante, il faut espérer que les résultats seront plus probants que ceux obtenus lors des Etats Généraux sur la santé (2008), sur la presse (2009), sur l'outre-mer (2009), sur la bioéthique (2009), sur l'enfance (2010) et sur l'industrie (2010).

Les réactions sont très réservées:
Pour Aline Louangvannasy, professeure de philosophie, secrétaire régionale CGT Educ’action Midi-Pyrénées:
"Le risque de ces états généraux est 'de banaliser ou de construire comme normal ce qui n'est en fait que très exceptionnel, justifiant le remplacement progressif des politiques éducatives par des politiques préventives/répressives'.

Pour la FIDL :
"Nous regrettons que le ministère organise des Etats Généraux de la Sécurité à l’école, plutôt que des états généraux de lutte contre toutes les formes de violence. Néanmoins, nous seront présent pour rappeler notre vision des choses, pour amener le débat ou encore porter nos revendications par de nombreuses propositions.

Dans un premier temps, nous interpellerons le ministère sur les thèmes mis à l’ordre du jour, puis nous rappellerons les grands oubliés du programme (phénomènes de ghettoïsation, plan de recrutement de personnels éducatifs, violence de l’institution…), pour enfin mettre en avant quelques projets menés par les lycéens de la FIDL ces dernières années. Ces états généraux seront l’occasion de rappeler que la FIDL a publié cette année un manuel lycéen contre la violence disponible dans les CDI de toute la France.
La FIDL est tout de même consternée par le fait que seulement 20 lycéens sur les 700 personnes attendues soient invité. C’est très grave, nous allons encore parler du lycée, du collège, de l’éducation sans y convier pleinement les personnes qui y vivent au jour le jour. La FIDL invite les lycéens et toutes les personnes qui seront recalées à l’entrée à se réunir devant la Sorbonne pour débattre et s’imposer dans le débat. "