samedi 29 novembre 2014

La lettre d'information "Outremers" de la LDH N°3, novembre 2014. "Les droits partout , sans tabous"

Troisième livraison de la lettre d’information « Outre-mers » éditée par la Ligue des droits de l’Homme. 
Mélange d’enquêtes, d’analyses et de témoignages, elle n’aurait pu voir le jour sans l’engagement des sections ultramarines de la LDH, et sans l’apport de nos amis de la Ligue de Nouvelle-Calédonie et du groupe de travail « Outre-mers » de la LDH.
Pour lire cette lettre, cliquez sur le logo.

Avis sur le respect des droits fondamentaux des personnes vivant en bidonvilles. Mettre fin à la violation des droits.

Paris, le 20 novembre 2014 – La Commission nationale consultative des droits de l’homme, rend aujourd’hui un avis sur la situation des populations vivant en bidonvilles en France.
Alertée par le nombre d’évacuations sans précédent enregistré cette année, la CNCDH s’est saisie de la question du respect des droits fondamentaux des populations vivant en bidonville.
Alors que la circulaire du 26 août 2012 laissait présager une amélioration des conditions de vie des personnes vivant en bidonville, il y a lieu, deux ans après, de formuler le constat que le changement annoncé n’a pas opéré dans le sens attendu. Selon Christine Lazerges, Présidente de la CNCDH, « on est encore très loin du « traitement égal et digne de toute personne en situation de détresse sociale » appelé en préambule de la circulaire ».
Ballotées au gré des évacuations, toujours plus discriminées, voyant leurs droits bafoués, la situation des populations vivant en bidonville s’est détériorée, que ce soit par absence de volonté politique, ou par une politique souvent guidée par une visée répressive et populiste.
L’avis de la CNCDH tente d’explorer au fond une question, celle du traitement des populations vivant en bidonville, sur laquelle la Commission s’est déjà à de nombreuses reprises prononcée.
Aussi, la CNCDH renouvelle-t-elle avec force sa position : .....

vendredi 28 novembre 2014

Retour sur les quarante ans de "la loi"

Très déçue par le téléfilm de Christian Faure « La loi », mercredi soir sur France2 !
Si la prestation d’Emmanuelle Devos est intéressante, l’orientation même du film ne m’a pas satisfaite. Christian Faure évoque le combat d’une femme politique en butte aux attaques de députés conservateurs ; il décrit les stratégies de la ministre et de ses conseillers pour attirer les voix de droite mais aussi de gauche. Malgré la présence de la journaliste qui introduit une dimension plus humaine dans le récit, l’intérêt est principalement centré sur les manipulations politiciennes des uns et des autres, et aussi, il est vrai, sur la solitude de Simone Veil dans son combat courageux.
Mais la cause même des femmes reste au second plan. Le film ne suggère pas assez clairement, à mon avis, à quel point cette loi devait être une révolution pour les femmes et la société tout entière.
Il aurait fallu mieux montrer la situation historique des femmes à cette époque, leur dépendance à l’égard des hommes, leur peur de « tomber » enceintes, leurs angoisses de chaque mois, leur solitude aussi quand le cauchemar devenait réalité et qu’elles étaient rejetées par tous et d’abord par leur partenaire.
Il aurait fallu décrire le combat mené par les féministes depuis des années, les luttes du Planning familial qui n’étaient soutenues par aucun parti politique, pas même par le PC, les positions et le travail courageux des médecins qui ont osé les accompagner, médecins qui risquaient la prison et l’interdiction de pratiquer.
Il aurait fallu parler du procès de Bobigny, du Manifeste des 343 salopes (à peine évoqué dans le film), de l’importance capitale de la loi Neuwirth, première reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps, et à échapper ainsi au rôle exclusif de reproductrices soumises. Une loi défendue par un homme de droite, qui a essuyé lui aussi d’humiliantes avanies.
Nous aurions aimé comprendre ce qui a poussé Giscard d’Estaing, un président de droite catholique bon chic bon genre, et Simone Veil, une bourgeoise , une mère, à promouvoir une loi en faveur des plus déshéritées, de celles qui refusaient leur maternité. Quel fut le ressort de leur intime conviction ?
Enfin il aurait fallu faire comprendre aux jeunes d’aujourd’hui combien cette victoire emportée de haute lutte est restée fragile et contestée. Les féministes et les artisans du Planning familial savent bien qu’il faut encore et encore lutter pour que la loi soit appliquée, à l’heure où les centres d’IVG ferment les uns après les autres, où les personnels hospitaliers usent parfois de manœuvres dilatoires pour décourager les femmes qui voudraient avorter, où les instances religieuses, aussi bien catholiques que juives ou musulmanes se mettent d’accord pour résister à la liberté des femmes et à l‘ égalité de tous les citoyens. Il ne faut pas sous-estimer l’ampleur des manifestations qui continuent contre l’avortement et se prolongent contre le mariage pour tous et l’adoption par tous.

À tout moment la vie des femmes peut basculer et plonger dans un nouveau Moyen-Âge. Voilà ce que, selon moi, il aurait fallu sinon expliciter du moins faire comprendre, pour donner tout son poids aux lois Neuwirth et Veil.

Suzanne Micheau

Contre les préjugés, nous avons besoin d’art, de partage et de parole

Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création 
Les directeurs du TGP et du 104, Jean Bellorini et José-Manuel Gonçalvès ont choisi de programmer dans leurs établissements l’installation performance Exhibit B de Brett Bailey. 
Elle repose, par la succession de tableaux vivants représentant alternativement des évocations de l’esclavage, de la colonisation et de la répression violente de l’immigration, sur la dénonciation de ce que le racisme a produit de pire. Chacun de ces tableaux incarnés est porté par des performeurs qui ne quittent pas du regard les spectateurs accueillis par petits groupes. Chaque scène est accompagnée d’un cartel explicatif. La fin du parcours d’installation permet de lire les témoignages des performeurs sur leur propre expérience, mais aussi à chaque spectateur d’écrire son ressenti, quel qu’il soit.
Créé en 2010, ce spectacle a été vu depuis dans plusieurs villes européennes, à Avignon et au 104 en 2013, ou encore tout récemment à Poitiers, sans qu’aucun incident ne trouble sa programmation, ni sa découverte par des spectateurs ayant librement choisi d’y assister.
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La Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes: sombre tableau pour la région euro-méditerranéenne.

Alors que nous célébrons la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes le 25 Novembre, le REMDH sonne l’alarme sur l'augmentation de la violence fondée sur le sexe et sur l'impunité de ses auteurs dans la région Euro-Méditerranéenne.
Bien que la violence à l’égard des femmes ne soit pas un phénomène récent dans cette région, de nouvelles formes y sont apparues suite aux soulèvements politiques et à l’occupation israélienne continue de la Palestine.
Le corps des femmes est devenu  une arme dans les champs de bataille et les conflits politiques. En Syrie, en Libye et en Egypte, le viol et la violence sexuelle sont largement utilisés comme des tactiques pour déstabiliser les communautés et dissuader les femmes de participer à la vie politique et publique. 
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IL Y A SOIXANTE-DIX ANS, MASSACRE À THIAROYE (SÉNÉGAL) : LA FRANCE DOIT RECONNAÎTRE SES RESPONSABILITÉS

Communiqué LDH
Il y a soixante-dix ans, à Thiaroye, près de Dakar, plusieurs centaines de tirailleurs africains démobilisés qui demandaient le paiement de leur solde de captivité, prévue par les textes en vigueur à leur départ de France, ont été qualifiés de « mutins ».
Dr. P.Herzberger-Fofana. Le cimetière de Thiaroye,
 à 20 kms de Dakar,
La Ligue des droits de l’Homme demande à la France de reconnaître les faits et d’assumer ses responsabilités.

Ces faits sont établis. Des dizaines de soldats ont été tués et blessés, d’autres condamnés. Ils étaient de retour en Afrique après avoir été appelés en 1940, pour défendre la France, puis détenus sur son territoire par les nazis qui refusaient qu’ils le soient en Allemagne. Le 1er décembre 1944, ils ont subi une répression brutale qui a fait plusieurs dizaines de morts, suivie d’un procès où trente-quatre d’entre eux ont été lourdement condamnés.
Le silence officiel sur cet événement a commencé à être levé en 2004 par les déclarations de l’ambassadeur spécial, Pierre-André Wiltzer, dépêché à Dakar par le président Chirac pour la première Journée du tirailleur. Puis, par celles du président Hollande qui, avant de se rendre au Sommet de la francophonie de Kinshasa, a regretté à Dakar, le 12 octobre 2012, cette « répression sanglante ». 
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jeudi 27 novembre 2014

Il y a 40 ans, Simone Veil montait au créneau en faveur de l'IVG

Le 26 novembre 1974, Simone Veil tenait à la tribune de l'Assemblée nationale un discours historique pour défendre sa loi légalisant l'avortement. Elle va faire face à des adversaires déchaînés, des réactions d'une rare violence
Devant une assemblée qui compte 9 femmes pour 481 hommes, la ministre s'exprime d'une voix calme, un peu tendue: "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours".
Pour lire la suite de cet article paru dans l'Humanité, cliquez sur la photo. 

Enfin du vrai Sarkozy, celui qui n'a pas peur des mots!

En deux prises de parole, il a dévoilé le fond de sa pensée. 
Depuis son retour, il rame!
Bien sûr, il n'est pas raciste, la preuve, il a répété qu'il "ne serai(t) pas le président d'une formation politique qui montrera du doigt qui que ce soit pour sa couleur de peau ou sa différence".
Pourtant, deux dérapages plus ou moins contrôlé ternissent un peu cette image.
D'abord, il a expliqué son choix pour le ministère de la Justice en 2007: "Je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, cela avait du sens".
Pourtant, après sa nomination, la nouvelle Garde des Sceaux avait assuré à l'époque: "Pour lui, je ne suis pas l'Arabe de service".
Ensuite, c'est au tour de Rama Yade, arrivée en France "après avoir passé ses huit premières années à Dakar" et qu'il avait nommée secrétaire d'Etat car "si vous ne représentez pas la France dans sa diversité, la France ne se reconnaîtra pas en vous".
"Parfois Rama m'a dit (j'ai beaucoup d'amitié pour elle ) "Arrêtez de parler de ma couleur !" J'en parle pas, mais ça se voit!", a lancé l'ancien président, ravi de cette phrase abondamment applaudie par les militants UMP présents..
Sarkozy revient sur le devant de la scène avec ses formules chocs qui ravissent ceux qui craignent l'invasion des "autres" mais qui affligent ceux qui croient que  la diversité est une richesse pour un pays. 
Je suis atterré. 

La LDH La Seyne, le retour.

Après quelques mois d'arrêt pour raison de remise à neuf de l'auteur, le blog redémarre. 
Lentement peut-être mais il est de retour. 
Avant de reprendre le cours des choses, il est important pour moi de rappeler tout ce que je dois au service public, à notre système de santé qui permet de présenter une carte verte au lieu d'une carte bleue. 
Dans un autre pays, la Grande Amérique par exemple,  je serais soit mort soit ruiné. 
Dans "notre beau pays où poussent les cailloux", il faut donc continuer à nous battre pour défendre tout ce qui a été durement acquis, tout ce que certains nantis appellent des privilèges et qui ne sont finalement qu'une petite réparation des injustices sociales. 
Alex Massari